Pendant des années, Apple a reversé des milliards de dollars à ses actionnaires. L’arrivée imminente de John Ternus à la tête de l’entreprise pourrait bien changer la donne.

Apple assouplit ses règles financières, pour mieux investir ? ©mundissima / Shutterstock.com
Apple assouplit ses règles financières, pour mieux investir ? ©mundissima / Shutterstock.com

1 000 milliards de dollars. C’est ce qu’Apple a reversé à ses actionnaires sous l’ère Tim Cook, entre rachats d’actions et dividendes. Une somme vertigineuse, fruit d’une stratégie financière aussi disciplinée qu’immuable, qui a transformé la firme en un colosse valorisé à près de 4 000 milliards de dollars. Mais à quelques mois du passage de témoin officiel, quelque chose est en train de changer dans les coulisses de Cupertino comme l’explique Mark Gurman dans sa newsletter. Les signaux envoyés par la direction dessinent une philosophie différente : moins de contraintes, plus de liberté d’action. Et peut-être, enfin, l’ambition de frapper fort là où Apple a longtemps hésité.

Apple met un terme à sa discipline financière

Depuis 2018, Apple s’imposait une règle stricte : maintenir un équilibre entre ses liquidités et sa dette, une politique dite de neutralité nette de trésorerie. En pratique, cela signifiait réduire progressivement son matelas de cash pour le rapprocher du niveau de sa dette, bien inférieure. Un cadre rigoureux, qui avait permis de restituer plus de 100 milliards de dollars aux actionnaires au fil des ans.

Lors de la conférence trimestrielle de la semaine dernière, le directeur financier Kevan Parekh a officialisé la rupture avec cette logique : « Nous ne fournissons plus la neutralité nette de trésorerie comme objectif formel, et nous évaluerons désormais les liquidités et la dette de manière indépendante ». Une phrase courte, mais dont les implications sont considérables.

Apple a certes autorisé un nouveau programme de rachat d’actions de 100 milliards de dollars, preuve que l’ancienne orientation ne disparaît pas du jour au lendemain. Parekh a d’ailleurs tenu à rassurer les investisseurs : « Les retours en capital resteront une composante importante de notre approche globale pour délivrer de la valeur à long terme aux actionnaires ». Mais si rien ne changeait vraiment, la direction n’aurait tout simplement rien annoncé.

Le prochain CEO d'Apple pourrait utiliser le trésor de guerre pour des acquisitions d'ampleur ©Apple
Le prochain CEO d'Apple pourrait utiliser le trésor de guerre pour des acquisitions d'ampleur ©Apple

John Ternus, entre Steve Jobs et Tim Cook : le temps des grandes ambitions ?

John Ternus, qui prendra officiellement les rênes en septembre, est issu du pôle hardware, une trajectoire bien différente de celle de Cook, profil opérationnel et prudent, ou de Jobs, fondateur visionnaire. Cette nouvelle posture financière lui ressemble : plus pragmatique, tournée vers le produit et l’investissement à long terme.

Les analystes y voient un signal clair: Apple a désormais la possibilité de ralentir ses retours aux actionnaires, et c’est précisément le signe qu’ils veulent conclure davantage d’accords et investir leur trésorerie autrement.

Le contexte s’y prête. La course à l’intelligence artificielle s’accélère, et Apple accuse un retard perçu face à ses rivaux de la Silicon Valley, qui injectent des sommes colossales dans leurs infrastructures IA. Le plus grand rachat jamais réalisé par la firme reste celui de Beats Electronics pour 3 milliards de dollars en 2014, une modestie qui pourrait bientôt appartenir au passé. Ternus a d’ailleurs évoqué « une feuille de route incroyable » et affirmé traverser « la période la plus excitante » de ses 25 ans de carrière chez Apple. Sous sa gouvernance, la Pomme semble enfin prête à jouer dans une autre cour.

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